Pour en connaitre un peu plus…

Bonjour à tous!
Voici un nouvel extrait de mon roman La Petite Envolée, cette fois tiré du début de la seconde moitié de l’histoire.
Laissez vous embarquer dans un voyage en ces contrées inconnues, au gré de quelques nécessaires barbarismes de mon cru:

Pages 195-201

Chapitre XXXIII
Sonnez Cloches et Clochettes.

Le Soleil, toujours à son zénith, éblouit les deux amis au sortir de l’Antre. La chaleur qui enveloppait la Kah donna à Zulkar des idées de promenades auprès de la cascade. A peine cette pensée eut elle effleuré son esprit qu’il se rappela la promesse faite à Zeltah quelques gradons plus tôt. Il saisit cette opportunité au vol pour tenter une nouvelle invitation galante. Toujours incapable d’en avouer la raison profonde, il prit un air dégagé, et prétexta juste honorer son engagement. Il ne comprenait pas ce qui lui arrivait depuis qu’il avait rencontré Zeltah. Lui de nature si spontanée et si franche, borédalien jusqu’au bout des ongles, le voilà qui se mettait à manigancer des approches biaisées pour voler quelques instants supplémentaires auprès de la jeune-fille. Pourquoi donc ne réussissait-il pas à l’inviter, simplement, comme il l’avait toujours fait avec ses amis ou sa famille? D’un air un peu empoté, il se mit à bafouiller, sans transition:
– Heu, et sinon, heu… ça te dirait, un petit tour à la cascade avant de rentrer chez tes parents?
Et de se justifier avec la délicatesse d’un troupeau d’éléphants affolés:
– …Tu m’avais demandé de t’y emmener, heu, je veux dire, heu… avant la visite de la Kah… tu te souviens? Enfin, c’est pour toi, surtout… Comme je t’avais promis… Je me disais… Mais bon, si tu préfères rentrer tout de suite…
Zeltah, qui n’imaginait toujours pas un seul instant qu’elle put exercer le moindre attrait sur Zulkar, pensa qu’il cherchait, une fois de plus, à se montrer aimable avec l’enfant perdue qu’elle était en ces lieux. Elle se sentait plus insignifiante encore à Borédalih que de l’autre côté. Zulkar devait connaître tant de jolies borédaliennes bien plus intéressantes qu’elle s’interdit, une fois de plus, de se méprendre sur les intentions toutes charitables de son ami. Et puis, elle devait vraiment rejoindre ses parents, maintenant:
– Oh, c’est vrai que j’aimerais voir la cascade Zulkar! Mais il est vraiment plus que temps pour moi de te laisser tranquille et de regagner la maison de mes parents qui doivent m’attendre cette fois! C’est déjà très généreux à toi de m’avoir accordé tout ce temps au détriment de tes activités personnelles.
Zulkar, un peu blessé de ce refus, n’insista pas. Apparemment, il laissait Zeltah indifférente. Il savait qu’on ne peut pas forcer les sentiments. L’œil terni et la voix un peu éteinte, il formula la réponse la plus neutre possible pour éviter de se ridiculiser plus longtemps:
– Aucun problème. C’était surtout pour toi. Si tu préfères rentrer, vas-y. Il est grand temps de manger, de toutes manières.
La jeune-fille perçut l’amertume qui imprégnait ces paroles, sans vraiment en comprendre la cause… Peut-être lui tenait-il rigueur de l’avoir retenu tout ce temps, finalement… C’est ainsi qu’ils prirent congé l’un de l’autre, chacun sur son sentier, après avoir traversé la place côte à côte en silence:
– Bon, ben… Au revoir Zulkar. Merci pour tout ce que tu m’as appris… A une prochaine fois, peut-être?
– Oui. A une prochaine fois.

Zeltah trouva le chemin du retour très bref. Plongée dans ses réflexions, elle marcha à grandes enjambées sans regarder les maisons défiler sur son passage. Pêle-mêle, elle révisait les principes du Fugichron et de l’Egrenneur, repensait au destin malheureux de ce pauvre Ilykah, s’imaginait les longues années du Grand Exode, compatissait au cauchemar des contemporains du Katamaled, se remémorait l’emplacement et la fonction de chaque bâtiment de la… Comment l’appelaient-ils déjà? Ah oui, la Kah… Mais une question persistait à encombrer sa tête. Elle l’empêchait de se concentrer pleinement sur toutes ces considérations: pourquoi le ton de Zulkar s’était-il asséché au moment de se quitter? Regrettait-il de lui avoir sacrifié toute cette bi-dodécadie? Elle s’interdisait d’envisager une autre raison… Il ne pouvait en exister aucune autre, d’ailleurs… C’était décidé, elle ne l’importunerait plus jamais à l’avenir. Elle n’aurait qu’à s’instruire auprès de ses parents, peut-être qu’ils lui consacreraient plus volontiers un peu de leur temps…
C’est sur cette ferme décision qu’elle franchit leur porte, le visage un peu grave:
– Hé bien, ma Doucinette! Quelle est cette mine défaite? Claironna Mingobeyh en guise d’accueil, à peine eut-elle passé l’entrée. Zeltah jugea meilleur de garder ses petits états d’âmes d’adolescente pour elle et feignit l’étonnement:
– Ah, papa! Moi, la mine défaite? Oh non… C’est peut-être la fatigue… J’ai… J’ai appris tant de choses dernièrement…
A ces mots, Quinckeya apparut, sortant de la cuisine, un gros saladier bien garni entre les mains:
– Tu tombes à point nommé, ma chérie! Rien de tel pour te requinquer qu’un bon repas! Nous n’attendions plus que toi pour l’attaquer!
Et ils se mirent à table pour partager cette bonne chère. Zeltah en oublia ses contrariétés et retrouva son aimable visage. Pendant le repas, tous trois discutèrent de choses et d’autres. La jeune-fille fit part à ses parents de son enrichissante bi-dodécadie. Eux lui donnèrent des éclairages supplémentaires concernant certains points tels que la période du Lucyam. Ils lui racontèrent, entre autres, le rôle qu’y joua son trisaïeul Méatlo, alors tout jeune scientifique, qui contribua à la mise en route du bouclier magnétique. La conversation perdura bien au-delà de la dernière bouchée de dessert, jusqu’à ce que retentisse la fin de Bidodécadie comme un grand coup de gong par-delà Borédalih. Zeltah, à qui l’habitude faisait encore cruellement défaut, sursauta à en tomber de sa chaise. De l’autre côté, une telle situation aurait déclenché l’hilarité générale, même de la part des parents les plus aimants. Mais pas ici. Ici, il ne pouvait naître que de la compassion dans le cœur des témoins de la scène. Ainsi enchevêtrée dans les pieds de sa chaise, pieds et mains en l’air, Zeltah avait beau ressembler à une tortue misérable retournée sur sa carapace, elle n’inspira pas le moindre sourire à ses parents. Bien au contraire. Ils accoururent tous les deux pour l’aider à se relever au plus vite, en la bombardant de:
– Ca va, ma chérie, tu ne t’es pas fait mal?
– Et ton dos, ma Doucinette, rien de déplacé?
– Les cloches t’ont surprise ma pauvre petite!
– Tiens, bois un peu d’eau fraîche, petite fée, pour te remettre de ces émotions.
Tout ça pour une simple chute, c’en était presque un peu trop… Même Jack et Lynda, toujours débordants de mille attentions à son égard auraient certainement réagi en dédramatisant avec un petit rictus amusé et une phrase du genre:
– Eh bien ma chérie, tu t’es assise sur une chaise sauteuse, ou quoi?
Après cet incident et toutes les émotions apaisées, la petite famille s’installa plus confortablement dans le canapé de plumes pour discuter encore et encore. Il s’écoula bien un demi-gradon, peut être un gradon entier de la nouvelle dodécadie avant qu’ils ne se décident à se coucher, gagnés par un sommeil plus fort que leur désir de converser plus longtemps.
Zeltah s’abandonna dans les bras de Morphée dès qu’elle fut allongée sur sa couche de fortune et sombra dans un repos lourd et réparateur.
Ce sont l’odeur du café fraîchement moulu et les bruits familiers d’une maman préparant le petit-déjeuner dans la cuisine qui réveillèrent Zeltah avec une douceur proche d’une onction d’Amoïté. Combien de temps avait-elle bien pu dormir? Elle n’en savait fichtre rien. Mais elle disposait d’une forme olympique pour vivre pleinement la Bidodécadie qui s’annonçait.
Elle eut le temps d’embrasser ses parents, de déguster le petit déjeuner tranquillement en leur compagnie et de s’attarder un peu au Jardin de Soins avant d’entendre carillonner la fin de dodécadie. Elle qui pensait ne pas l’avoir entendue alors qu’elle dormait encore eut ainsi la bonne surprise de découvrir qu’il était bien plus tôt qu’elle ne le soupçonnait. Elle termina de s’habiller et regagna le salon. Elle ne connaissait encore rien du déroulement exact d’une journée (pardon, d’une Bidodécadie) borédalienne. Elle décida donc de suivre l’un ou l’autre de ses parents à l’instar d’un stagiaire suivant son formateur dans l’apprentissage de son métier. En tendant un peu l’oreille, elle débusqua Quinckeya à l’étage, dans l’atelier de couture, affairée à assembler des morceaux de tissu en une promesse de jolie robe:
– Que cous-tu là, maman? S’intéressa-t-elle.
– Eh bien, je me disais que tu aimerais peut-être une robe rien qu’à toi, en plus de celle que je t’ai donnée à ton arrivée… Il me restait justement de la toile teinte en mauve, d’avance. C’est l’une de mes couleurs préférées, à moi aussi.
Confia-t-elle à sa fille, un ton plus bas, l’œil complice, comme on confesse un petit pêcher. Zeltah, embarrassée de donner du travail à sa mère, reprit:
– Oh maman, je t’en remercie, mais c’est à moi de coudre mes vêtements… Enfin, je veux dire… Heu, je ne veux pas te créer des corvées supplémentaires…
– Des corvées? Que dis-tu là, ma doucette? Pendant trente-et-un interminables cycles je ne t’ai pas vu grandir. Alors que les autres borédaliennes cousaient de mignons habits à leurs enfants au fur et à mesure de leur croissance, moi je ne pouvais pas confectionner les jolies robes que j’avais imaginées pour ma petite fille! Maintenant que tu m’es enfin revenue, contre toute espérance, je compte bien rattraper ce temps perdu et laisser libre cours à mon plaisir si longtemps frustré!
Zeltah ne sut que répondre à une telle déclaration, et se contenta de s’installer auprès de sa mère pour la regarder coudre. De l’autre côté, rares étaient les gens qui cousaient encore. On achetait les vêtements tout faits dans de grands magasins alors elle n’avait jamais appris cette discipline devenue désuète. En voyant les doigts agiles de sa mère courir sur l’étoffe elle se demanda si toutes les borédaliennes possédaient ce don ou s’il était propre à Quinckeya. Quoi qu’il en fût, elle doutait de ses capacités personnelles dans le domaine, même avec un entrainement intensif. Puis, sans aucun rapport avec ces préoccupations, une question fortuite vint soudain interrompre son observation:
– Au fait maman, où est papa?
– Il est parti faire son tour de garde à l’Hospictal et il doit entretenir sa parcelle de champ juste après. Je pense qu’il y restera un moment, parce qu’il a promis de prendre en charge la parcelle de Doycantes pour quelques Bidodécadies. Doycantes vient de devenir papa et il est bien normal qu’il délègue sa participation communautaire aux autres membres de la cité pour rester exclusivement auprès de sa compagne et de son bébé au moins pendant deux cycles. C’est comme ça ici, lorsque l’un de nous ne peut accomplir ses tâches pour des raisons diverses, ce sont les autres qui se les partagent le temps nécessaire. Il prendra une partie des leurs quand il sera de nouveau disponible, au rythme de sa convenance. J’imagine que ça se passe un peu de cette manière chez les autres hommes aussi, non?
– Heu…
Les systèmes des autres hommes étaient si multiples et si différents de celui instauré à Borédalih, qu’il paraissait trop complexe à Zeltah de formuler une réponse convenable. Par chance, elle n’eut pas à chercher plus longuement une explication concise et fidèle à la réalité. Le heurtoir de la porte d’entrée coupa cours à leur échange. Quinckeya se leva de son rocking-chair et y posa son ouvrage:
– Excuse-moi un instant ma chérie, je vais ouvrir à notre visiteur. C’est peut-être Atlink. Elle devait passer me rendre un flacon d’Amoïté. Nous lui en avions avancé dernièrement, parce qu’il ne lui en restait plus. Elle a dû en repréparer… Descends donc avec moi, j’en profiterai pour vous présenter… C’est bien la première fois que je procéderai à un tel événement! Nous nous sommes toujours tous connus à Borédalih, et depuis la fermeture de la bulle, plus personne n’est venu de l’extérieur.
Pouffa-t-elle l’air enjoué, tout émoustillée de cette nouvelle expérience et si heureuse d’annoncer le retour de sa fille adorée! Zeltah la suivit jusqu’au bas de l’escalier, non sans appréhension à l’idée de rencontrer une inconnue. Sa timidité avait franchi le bouclier magnétique avec elle, et, à son grand dam, n’avait pas eu le bon goût de rester de l’autre côté…

La Petite Envolée est-il un roman pour vous?

Bonjour à tous
D’humeur légèrement joueuse aujourd’hui, je souhaite vous proposer un petit sondage ludique aux allures de test de magasine afin de mieux me rendre compte de la pertinence de mon roman et, qui sait, de permettre à ceux d’entre vous qui ne l’avez pas encore lu, d’y prêter un intérêt nouveau.
Le sondage est de mon cru, donc très simpliste, autant vous prévenir, mais il ira droit au but, sans piège:

1. Selon vous, Humanité doit rimer avec
a. Evolution spirituelle
b. Evolution hiérarchique
c. Evolution industrielle

2. Que pensez-vous de la notion de pouvoir ?
a. C’est une plaie
b. C’est une nécessité
c. C’est le but que chacun doit viser

3. Que pensez-vous de nos sociétés actuelles ?
a. Elles marchent sur la tête
b. Elles répondent à nos attentes
c. Elles sont à la pointe de l’évolution

4. Que pensez-vous de la vie contemporaine ?
a. C’est une prison dorée
b. Toutes les époques ont connu leurs avantages et leurs inconvénients.
c. Je m’y sens bien

5. Quelle place occupe le rêve dans votre vie ?
a. Une place primordiale
b. Un petit morceau de mes nuits.
c. Aucune place pour le rêve.

6. Pour vous le but de la vie est :
a D’acquérir toujours plus de savoir et de sagesse
b. . De s’enrichir monétairement
c. D’exercer du pouvoir sur les autres

7. Votre style vestimentaire :
a. Bohème
b. Chic et smart
c. Sexy

8. Pour vous les rapports humains doivent être :
a. Fraternels
b. Indépendants
c. Hiérarchiques

9. Les préoccupations environnementales sont pour vous :
a. Essentielles
b. Vaines
c. Du marketing

10. Pour vous un livre vaut d’être lu s’il contient au moins un peu :
a. D’espoir
b. De sexe
c. De violence

Si vous avez obtenu une majorité de :
a. La Petite Envolée est un roman pour vous et devrait vous combler.
b. La Petite Envolée pourrait vous plaire, mais ne collera assurément pas à tous vos idéaux.
c. Il est fort à parier que ce roman va au mieux vous ennuyer, au pire vous exaspérer… On ne peut pas plaire à tout le monde.

Vos avis sont importants!

Bonjour à tous.

Pour ceux d’entre vous qui avez lu mon petit roman, j’aimerais savoir ce qui vous a le plus plu et ce qui vous a le plus déplu en lui. Les critiques positives comme négatives peuvent porter sur le style, le registre, le fond de l’histoire, l’intrigue, certains chapitres, etc etc… Vos ressentis et vos commentaires sont très importants pour moi, alors n’hésitez pas à me les transmettre!

Collections Edilivre

Bonjour à tous!
En me promenant sur la page d’une amie qui elle aussi a été publiée chez Edilivre, j’ai découvert que les collections dans lesquelles nous sommes édités correspondent à la qualité estimée par le comité de lecture.

La collection Tremplin est réservée aux textes juste corrects.

La collection Classique est réservée aux textes qui ont retenu l’attention du comité de lecture pour leur intérêt ainsi que pour leur syntaxe et orthographe.

La collection Coup de Coeur, quant à elle est réservée aux écrits qui, comme le nom de la collection l’indique, ont provoqué un coup de coeur auprès du comité de lecture.

Pour mon premier roman: La Petite Envolée, Edilivre m’a ouvert les portes de sa collection Classique!

Je suis donc d’autant plus fière de promouvoir ce petit roman d’utopie, assurée que le comité de lecture l’a jugé assez intéressant et assez bien écrit pour mériter cet honneur!

N’hésitez pas à vous adresser à moi pour en savoir plus!

Je rappelle que je dédicace aux couleurs de votre choix chaque exemplaire qui m’est commandé personnellement.

Roman d’utopie cherche lecteurs, attend avis.

Bonjour bonjour,
A ce jour, trente-trois exemplaires de La Petite Envolée ont trouvé lecteurs aux quatre coins de la France ou presque.

Vous qui l’avez déja lu, n’hésitez pas à donner vos avis, laisser vos commentaires, vos critiques tant positives que négatives! Vous êtes mes guides, c’est par vos ressentis que je saurai ce que vaut vraiment mon premier roman et que je saurai comment améliorer les prochains!

Vous qui ne l’avez pas encore lu, n’hésitez pas à me poser des questions pour en savoir plus à son propos, et s’il vous intéresse, sachez que de nombreux exemplaires attendent encore sagement de trouver un foyer et de nouveaux lecteurs.

Pensez aussi à faire un tour sur la boutique d’Artdelfes. Si vous aimez les marque pages, vous pourrez y trouver votre bonheur. Toutes ses pièces sont uniques et personnalisables à souhait!
http://www.alittlemarket.com/boutique/artdelfes-197111.html

Nous n’attendons plus que vous!

Les Voies de l’Existence

Bonjour à tous,
Si ce blog comporte une catégorie « Mes livres », c’est comme vous pouvez vous en douter, que je ne compte pas m’arrêter en si bon chemin sur le sentier de l’écriture.

Et le moment est venu de vous révéler un peu plus du projet que je couve et nourris depuis maintenant plus de cinq ans:
La Petite Envolée est le premier volume d’une série intitulée Les Voies de l’Existence.
Surpris? Pas tellement me direz-vous. Il suffisait de lire le titre et l’indication Tome 1 pour le deviner.
Mais ce que je n’ai pas encore expliqué, c’est comment se composera cette série.

Pour ceux d’entre vous qui avez déja lu La Petite Envolée, vous avez pu constater qu’il s’agissait d’un roman à part entière et qu’une suite des aventures de Zeltah ne semblait pas envisageable.

En effet, les tomes suivants ne mettront pas en scène les mêmes personnages, ne se dérouleront pas aux mêmes époques et seront chacun en apparence indépendants les uns des autres.

De cette manière, aucun lecteur ne se sentira obligé de lire absolument tous les tomes et chacun pourra décider de lire seulement l’un d’eux, plusieurs d’entre eux ou toutes la série dans l’ordre de son choix.

Chacun pourra également lire cette série comme de simples fenêtres sur des fictions variées et divertissantes ou bien chercher à comprendre les messages que l’ensemble véhiculera et découvrir le lien qui unira tous les tomes en lisant le tout dernier.

Car outre l’expression de mes idéaux et de mes multiples mondes imaginaires, ce que je souhaite partager avec mes lecteurs, ce sont aussi des idées et des perceptions sur ce que peuvent être les voies de l’existence…

Hélène.

Une association qui promet!

Bonjour à tous,
Par ce nouvel article, je vous transmets un lien vers un artiste tout nouveau et plein de talent avec qui je m’associe à compter d’aujourd’hui pour vous proposer ses marque pages personnalisables en accompagnement de mon roman!
Voici le lien vers sa boutique virtuelle, sur laquelle vous pourrez découvrir son style, ses nouveautés, et outre ses marque pages, ses cadres et tableaux.

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N’hésitez pas à visiter sa boutique et à me contacter si vous souhaitez vous procurer un ou plusieurs de ses marque pages pour accompagner mon roman. N’hésitez pas à demander le marque page de votre choix, qu’Artdelfes se fera un plaisir de créer sur mesure pour vous!
N’hésitez pas à en parler autour de vous!!!

Hélène.

Un peu d’Hélène en Kim, beaucoup de rêve aussi…

Bonjour à tous,

Certains de mes lecteurs m’ont posé cette question: « Mais ce roman, est-il autobiographique? »

En d’autres termes, beaucoup se demandent si je me suis directement inspirée de moi même et de mon propre vécu pour donner vie à Kim.

La réponse ne peut se résumer à un « oui » ou à un « non » pur et simple.

Kim, en effet, partage quelques traits communs avec ce que j’ai été dans mon enfance et ce que je suis encore: une éternelle maladroite qui se cogne à tous les meubles et renverse tout ce qui a le malheur de croiser son chemin. Maladroite dans les paroles et les relations humaines aussi, avec une franchise un peu brute qui n’est pas toujours bien perçue et des gaffes verbales en série.

La solitude de son enfance se rapproche également de celle que j’ai connue, une solitude mêlée d’un sentiment d’incompréhension, de décalage par rapport au monde environnant.

L’aspect physique de Kim en revanche, décrit trait pour trait ce que à quoi j’aurais voulu ressembler… mais à quoi je ne ressemble pas du tout!

Son excellence scolaire quant’à elle, ne reflète aucunement mon parcours. Elle appartient entièrement, comme sa beauté, au personnage et à l’idéal que ce dernier incarne dans le roman!

Le manque total d’humour dont souffre (car oui, manquer d’humour est une souffrance) Kim ne tient qu’au personnage, rassurez-vous. Pour ma part, rire des petits aléas de la vie et de la diversité du monde, rire de bon coeur et sans méchanceté bien entendu, rire me semble vital, c’est une seconde respiration.

Quelqu’un disait (j’ai oublié qui) « Une journée sans rire est une journée perdue. » Voici là une citation avec laquelle je suis pleinement d’accord!

 

Alors pour répondre à la question initiale, je dirai simplement que Kim est un fameux mélange d’un peu de moi, de beaucoup de mes idéaux et de quelques aspects tout bonnement inhérents à son personnage. Une sorte de triple hybride en fin de compte!

Pour ce qui est des autres personnages, le seul qui soit directement et pleinement inspiré d’une personne que j’ai connue en chair et en os est Judy.

J’en profite pour lui présenter mes excuses pour n’avoir aucunement grimé ce qu’elle a été dans notre enfance et tiens à lui signifier que, s’il lui arrive un jour de croiser de nouveau mon chemin,  de lire ces lignes ou le roman, les années ont passé et je ne lui tiens aucunement rigueur de ces temps aujourd’hui révolus.

Utopiquement votre!

Hélène.

 

Un petit extrait: les premières pages du roman.

Bonjour à tous,

Afin que vous puissiez faire connaissance avec La Petite Envolée, je vous livre ici les premières pages de mon roman, n’hésitez pas à me faire part de vos impressions ou commentaires! Je les lirai avec intérêt et y répondrai avec grand’joie!

 

Chapitre I

Ailleurs

« Attention, une tempête magnétique se prépare ! Eloignez ce bébé de la frontière… »

Trop tard ! La petite, emportée par la violente bourrasque magnétique, venait de franchir le mur invisible qui séparait son monde de l’autre côté. Prise dans un courant d’une puissance phénoménale, elle volait en plein ciel à une vitesse prodigieuse. Telle une étoile filante, elle se dirigeait tout droit vers le pôle sud dans un tourbillon effréné lorsque, tout-à- coup, une brutale baisse d’énergie, puis une chute vertigineuse, un effroyable fracas, et… plus rien.

Lorsqu’elle rouvrit les yeux, la fillette, âgée d’un peu plus de deux ans, se trouvait au milieu d’un grand lit blanc à barreaux, entourée d’étranges objets. Des visages inconnus l’observaient. Des hommes et des femmes vêtus de longues blouses blanches et équipés d’ustensiles inquiétants la cernaient, se penchaient sur elle, lui touchaient le front, les mains, réglaient des engins bruyants à côté du lit, inscrivaient des mots et des chiffres sur des papiers. Et tous ces gens parlaient, parlaient sans arrêt dans une langue que l’enfant n’avait jamais entendue. Elle ne saisissait pas un traître mot de ce qu’ils racontaient, mais le bourdonnement incessant de leurs voix l’étourdissait et lui donnait des vertiges. Elle referma les yeux sans très bien comprendre ce qui se passait ni ce qui lui était arrivé, et se laissa doucement sombrer dans un profond sommeil.

Très tôt le lendemain, une dame au chignon tiré, aux traits revêches et aux lèvres pincées la sortit sans ménagement de son lit alors même que la pauvrette dormait encore à poings fermés. Réveillée en sursaut, elle chercha quelque réconfort dans le regard de cette personne qui la portait, à présent dans ses bras osseux et desséchés. Elle n’y trouva qu’une couleur grise et froide sans la moindre compassion, noyée dans des entrelacs de rides, grises elles aussi.

La fillette, terrifiée, détourna alors les yeux pour observer ce qui l’entourait, par-dessus l’épaule saillante qui lui cognait le menton à chaque pas. Elle vit défiler quelques portes le long d’un interminable couloir carrelé, sinistre et dépourvu de fenêtres. Soudain, la femme fit volte face, percutant de plus belle le petit visage tendre de son épaule anguleuse. L’enfant, un peu abasourdie, entendit le cliquetis d’une porte que l’on ouvre.

Une fraction de seconde plus tard, elle se retrouva dans une vaste salle baignée de lumière, contre les murs de laquelle résonnaient des voix. Sans prévenir, les bras décharnés qui la tenaient jusqu’alors, la lâchèrent sur une table froide et dure, et le faciès sévère disparut. Il fut rapidement remplacé par ceux, beaucoup plus engageants, d’un grand monsieur noir au sourire éclatant et d’une dame aux joues rondes. Ils adressèrent à la petite fille quelques paroles qu’elle ne comprit pas plus que celles entendues la veille. Puis ils l’examinèrent des pieds à la tête, lui firent réaliser de multiples mouvements, la tournèrent en tous sens. Après un tel traitement, ces deux personnes lui parurent beaucoup moins sympathiques qu’à son arrivée dans la salle. Le sourire du monsieur lui sembla bien moins étincelant, et les joues de la dame bien moins rebondies. Elle se sentit presque soulagée de regagner l’épaule squelettique de la première dame, qui la ramena dans son lit.

La petite miraculée ne gardait aucune séquelle de sa chute, hormis quelques contusions naissantes au menton, que le grand monsieur noir ne s’expliquait pas, d’ailleurs. On l’emmena donc, le matin même, dans une immense maison peuplée d’enfants de tous âges. Eux aussi babillaient dans cette curieuse langue dont elle ne pouvait traduire aucun mot, ne reconnaissait aucun son. On l’installa dans une salle parmi d’autres petits de sa tranche d’âge, et on l’intégra au groupe par de petits jeux de présentation.

A midi, tous les enfants furent conduits dans une grande pièce dans laquelle s’alignaient de nombreuses tables et sièges. On assit la petite nouvelle dans une chaise haute, tout comme les autres enfants les plus jeunes. Une grosse dame austère au visage rougeaud et aux boucles blondes en bataille vint lui donner son repas. Elle ne lui adressa aucune parole, pas même un regard, tout occupée qu’elle était à lui fourrer d’énormes cuillerées dans la bouche, sans lui laisser le temps de reprendre son souffle entre deux. Tous les enfants parlaient, criaient, chahutaient, et le bruit que tout cela produisait assourdissait la petite, mais elle avala sa bouillie docilement, sans rechigner, malgré tout l’inconfort d’un tel repas.

L’après-midi se déroula de la même manière que la matinée. La fillette joua avec les autres enfants. Elle s’adapta assez bien au groupe malgré un tempérament visiblement enclin à l’entêtement. En revanche, quoique intimidée par tous ces visages nouveaux et par ces lieux inconnus, elle se montra très sociable et enjouée. Pourtant, après quelques vaines tentatives de communication orale, elle prit le parti de jouer les muettes. En effet, riche d’un vocabulaire déjà très étendu et d’une excellente diction pour un enfant de son âge, toutes les phrases qu’elle élabora devant ses premiers interlocuteurs passèrent pour un babil informe à en croire leurs mimiques à mi-chemin entre perplexité et amusement attendri. Elle comprit très vite que sa langue leur paraissait aussi exotique que la leur à ses oreilles, et s’en tint rapidement à une communication exclusivement gestuelle.

Le soir, après un nouveau repas semblable à celui du midi, on la transporta jusqu’à un grand dortoir. A la manière dont on la coucha dans le petit lit à barreaux qui lui avait été réservé, elle se sentit telle un vieux polochon miteux qu’on aurait jeté là négligemment pour s’en débarrasser. Elle finit par se demander si elle avait bien gardé son apparence de petite fille depuis son arrivée dans ce monde étrange. Peut-être s’était-elle transformée en un tas de linge souillé et repoussant…

Autour d’elle, tandis qu’elle s’interrogeait ainsi, régnait une agitation entêtante. Certains enfants pleuraient à chaudes larmes, d’autres réclamaient une chanson pour s’endormir, d’autres encore sautaient sur leurs lits, et criaient à tue tête, refusant de se taire. Un garçonnet un peu plus âgé qu’elle sanglotait bruyamment debout dans son lit. Une grosse chandelle d’un vert épais coulait d’une de ses narines retroussées par les grimaces que provoquaient ses pleurs. Une fillette ne cessait de s’asseoir sur son matelas pour se jeter violemment en arrière, dans une fureur qui n’émouvait visiblement aucun des adultes présents dans le dortoir. Enfin, une plus grande fille à qui l’on avait apporté un verre rempli d’un liquide rose, détournait la tête à s’en tordre le cou pour ne pas avaler son contenu. La grosse dame aux boucles blondes en pagaille tentait désespérément de la maintenir immobile tandis qu’une autre dame sévère à la voix aigrelette lui criait des menaces inintelligibles en approchant le verre de son visage.

Notre bébé, qui, jusque là, bien que dépaysée, n’avait pas manqué d’occupations, éprouva soudain une grande tristesse mêlée d’un profond sentiment de solitude. Ses parents lui manquaient cruellement. Elle aurait voulu voir sa maman apparaître et la prendre dans ses bras pour la ramener à la maison dans une tendre étreinte. Elle aurait voulu entendre sa voix mélodieuse lui dire combien elle l’aimait, comme elle le faisait chaque soir. Elle eut beau espérer de toutes ses forces, rien de tout ceci ne se produisit. C’est ainsi concentrée sur l’image de ses parents lui souriant qu’elle s’endormit en silence, sans se plaindre, le coeur pourtant gorgé de détresse dans cet univers inhospitalier.

Les jours suivants ressemblèrent au premier. Il arrivait que l’on emmène la petite dans une grande pièce pour la présenter à des inconnus. Ces inconnus venaient toujours par deux : un monsieur et une dame. Ils la regardaient, lui parlaient parfois – elle ne comprenait toujours pas leur langage, mais commençait à identifier le sens de certains mots récurrents – ils posaient des questions aux personnes de la grande maison qui s’occupaient d’elle. A la fin de ces séances, qui duraient plus ou moins longtemps, on la reconduisait parmi les autres enfants, et la journée se poursuivait normalement. Elle ne saisissait pas du tout les raisons de ces mystérieuses séances et ne savait pas ce que lui voulaient ces gens, dont certains l’impressionnaient, d’ailleurs.

Chapitre II

Les Willis

Cependant, la fillette était si jolie, avec ses joues rondes et rosées, ses boucles rousses et ses yeux d’un vert pâle qui promettait, avec l’âge, de se décliner en des tons plus verts encore, elle paraissait déjà si éveillée, qu’on ne tarda pas à vouloir l’adopter. Une fois toutes les formalités administratives effectuées, elle fut donc confiée, au bout de quelques semaines seulement, à un jeune couple d’une trentaine d’années. La dame ne pouvait pas concevoir d’enfants, c’est pourquoi elle souhaitait tant adopter une petite fille qui corresponde à celle qu’elle avait tant rêvée. Lorsqu’elle avait posé pour la première fois son regard d’aigue-marine sur la petite, elle s’était élancée vers elle en s’écriant :

« C’est elle ! C’est ma Kimberley ! »

Puis elle l’avait longuement serrée dans ses bras. Ses longs cheveux blonds portaient un léger parfum délicatement fleuri, et sa peau était aussi douce et nacrée qu’un pétale de rose blanche. Sa voix chaleureuse égrenait les mots comme une tendre berceuse, et la fillette avait aimé cette dame dès le premier contact. L’homme, resté un peu en retrait, avait contemplé la scène les yeux brillants d’émotion et de bonheur. Au bout d’un moment, il s’était enfin approché de la petite et lui avait adressé quelques mots de son timbre grave et rassurant. Au seul son de cette voix, la jeune enfant avait deviné toute la tendresse de ses propos. Pour la première fois depuis son arrivée dans ce monde obscur, elle s’était sentie presque comme parmi les siens. Le jeune couple si bienveillant lui avait instantanément paru familier, et un vague sentiment d’avoir enfin retrouvé des parents l’effleura.

Ainsi, il n’avait fallu que quelques semaines à ce bébé pour intégrer un nouveau foyer. Ses parents adoptifs, Jack et Lynda Willis, l’accueillirent dans leur jolie maison entourée de verdure, à une centaine de kilomètres au sud-est de Sydney, la grande ville australienne. Selon le désir de sa nouvelle maman, on la nomma Kimberley, mais ce prénom fut très vite réduit à Kim, tout simplement. A la maison, une chambre d’enfant féerique attendait déjà la petite Kim. Les Willis l’y installèrent comme une princesse.

Dès le lendemain de son arrivée, ils organisèrent une petite fête afin de la présenter à toute la famille. D’abord la mémé Lucy, une petite pomme blette au teint rose et au sourire édenté, qui n’y voyait plus guère derrière ses lunettes à double foyer :

« Oh ! Le beau petit garçon que voilà ! Bonjour mon coco ! Anonna-t-elle en tendant une main noueuse et un peu tremblante vers la petite.

– Mais non, mémé, c’est une petite fille. On l’a appelée Kim.

– Hé ? Jim ? Oh, très bien, très bien. Un beau petit gars, vraiment !

– Jack, mon chéri, je crois que ta grand mère a l’ouïe qui baisse…

Puis il y eut Robert, le tonton gâteau :

« Est-ce qu’elle mange déjà des bonbons, cette petite poulette ? J’en ai acheté un plein paquet pour lui souhaiter la bienve…

– Bobby ! Tu exagères, tu vas lui donner des caries alors qu’elle n’a pas encore toutes ses dents, s’indigna la tantine Mary en le poussant légèrement pour prendre sa place devant Kim. Puis, le visage tout près de celui du bébé, elle lui pinça affectueusement la joue, sans se rendre compte de la douleur cuisante qu’un tel geste pouvait provoquer :

– Hein, ma toute belle ? Il est gaga le tonton ! Aga aga aga ! Lui souffla-t-elle dans la figure en guise de ponctuation avant de laisser défiler la suite de la procession.

Kim n’avait jamais vu quelqu’un s’adresser à une autre personne de cette façon. De toute évidence, la pauvre tantine souffrait d’une sénilité précoce rare…

Derrière Mary, se pressaient les grand parents maternels, talonnés par les grand parents paternels, tous quatre impatients d’admirer leur petite fille. Le papy Grégoire, un homme brun et fringant de haute taille, que l’on aurait plus volontiers pris pour le frère aîné et non le père de Jack, attira plus particulièrement l’attention de Kim. Il ne cessait de gesticuler en tous sens, offrant un réel numéro de clown à la petite qui l’observa, la mine amusée. Elle reconnut tout de suite en lui un futur compagnon de jeux.

Le cousin Jo, lui, n’était pas beaucoup plus âgé que Kim. L’oncle Richard l’approcha d’elle en lui écrasant l’estomac, pour le forcer à embrasser sa nouvelle cousine. Jo exprima alors à l’intéressée sa joie de la rencontrer en renvoyant un peu de son goûter sur sa belle robe toute neuve. A son tour, l’oncle Richard déposa un énorme baiser sur le visage de Kim. A cette occasion, il écorcha copieusement de sa grosse moustache noire et touffue la joue que la tantine avait épargnée quelques minutes auparavant. Décidément, il apparaissait clairement que ces personnes, armées de si bonnes intentions furent-elles, ignoraient tout de la délicatesse d’une peau de bébé ! Cependant, malgré cette fâcheuse lacune, Kim percevait toute l’affection qui les unissait autour d’elle, et elle leur pardonna de bonne grâce leurs petites maladresses. Les présentations se poursuivirent jusqu’à ce que chacun, parents de Jack et de Lynda confondus, y soit allé de son petit commentaire. Kim les enchanta tous.

Elle s’adapta avec une extraordinaire rapidité à sa nouvelle vie, et adopta immédiatement les Willis.

Jack, un jeune homme mince et grand, portait de longs cheveux bruns lisses et brillants, qu’il attachait en catogan à l’aide d’un fin ruban. Il observait le monde de ses grands yeux noirs derrière ses lunettes rondes. Il travaillait dans une bibliothèque et disait toujours qu’il valait mieux emprunter les livres et autres documents plutôt qu’en acheter des dizaines qu’on ne lirait qu’une fois, avant de les laisser s’empoussiérer sur une étagère. Pour les livres que l’on voulait posséder afin de pouvoir les consulter à volonté, il préférait les acheter d’occasion dans des librairies qui récupéraient les ouvrages dont les clients voulaient se défaire. Il cherchait à convaincre qui voulait bien l’entendre que ce genre d’alternatives ne nuisait aucunement au commerce et contribuait à préserver la nature de la déforestation nécessaire à la fabrication du papier.

Lynda, elle, enseignait l’histoire et la géographie en collège et ne manquait pas une occasion de montrer à ses élèves la beauté et la fragilité de notre planète. Elle leur parlait du rôle de l’homme sur l’environnement et de son impact sur les paysages aux quatre coins du globe. Elle leur expliquait comment ils pouvaient agir, eux, à leur petite échelle, pour préserver la planète et pour grandir dans un monde où il fasse meilleur vivre. Elle placardait les murs de sa salle de classe de posters représentant les plus beaux sites encore protégés de la Terre. Egalement passionnée de géologie et de biologie, elle faisait figure d’avant-gardiste illuminée en travaillant avec des professeurs de ces matières pour apporter aux élèves un enseignement cohérent, complémentaire et constructif. En ces années 1960, rares étaient ceux qui osaient se prêter à un tel jeu. En effet, l’enseignement, encore très cloisonné, souffrait mal l’interdisciplinarité. Lynda et ses comparses formaient donc, au sein du corps enseignant, une poignée d’irréductibles marginaux à abattre. Mais malgré le jugement négatif de leurs pairs et les critiques acerbes de nombre de leurs supérieurs, ils restaient convaincus du bien fondé de leur démarche et du bénéfice qu’en tiraient les élèves. Alors, contre vents et marées, ils poursuivaient leur mode d’enseignement peu orthodoxe pour l’époque.

Et puis, il se cachait un autre enjeu derrière cette approche interdisciplinaire. Un enjeu tout aussi primordial aux yeux de Lynda qu’à ceux de Jack. Un enjeu invisible pour une large majorité de personnes en ces temps d’insouciance où l’économie des pays les plus riches s’épanouissait à la faveur d’une ère industrielle et capitaliste en plein essor.

Alors que la protection de la nature était encore très loin d’occuper les premiers titres des journaux, ce couple de visionnaires s’inquiétait déjà des conséquences de la modernité sur la planète. Il leur paraissait évident que le développement de l’industrie et du progrès en général, trop massif sur à peine quelques décennies, risquait de mener l’humanité entière à sa propre perte. Quoique bénéfique à bien des égards, l’avancée soudaine des découvertes scientifiques et mécaniques de tous poils, telle qu’elle se présentait, ne présageait rien de bon pour l’avenir. Les réserves de la planète auraient tôt fait de se trouver englouties et l’atmosphère de devenir irrespirable… Mais, même si le goudron étouffait déjà les villes, même si les forêts commençaient à reculer devant l’envahisseur gourmand que représentait l’homme contemporain, ce dernier restait persuadé que les ressources de la terre ne s’épuiseraient pas de si tôt et qu’il pourrait grignoter toujours un peu plus sans péril.

Jack et Lynda faisaient partie de ceux qui ne partageaient pas du tout ce point de vue et qui souhaitaient déjà du fond du coeur contribuer à une prise de conscience de l’urgence qui existait à changer le cap de nos sociétés trop peu respectueuses de l’environnement, de la Terre et de la vie en général.

Bien sûr il fallait progresser et permettre aux sciences et aux recherches d’avancer. Bien sûr ils appréciaient le confort moderne que leur offraient l’électricité, la voiture ou les grands magasins remplis d’articles variés. Mais pas à n’importe quel prix. Pas au prix de la vie !

Jack et Lynda, très préoccupés par le domaine de l’écologie naissante, s’informaient beaucoup à ce propos. Ils lisaient des revues scientifiques pointues, participaient à des conférences ouvertes au public, ils adhéraient même à une toute nouvelle association qui s’intéressait à l’impact de l’homme sur la nature en général. Cette association internationale, fondée en 1961 par un petit groupe de scientifiques Européens appelait la population mondiale à se réunir autour de cette noble cause : protéger la planète et toute la vie qu’elle abritait encore.

Complètement désinformé, le grand public ne pouvait pas se douter de l’impact humain sur l’environnement, à moins d’y être sensibilisé d’une manière ou d’une autre. Mais les gouvernements, ne savaient-ils pas que les usines qui crachaient leurs fumées toxiques par grosses volutes chargeaient l’air de poison ? Ne savaient-ils pas que les produits chimiques déversés par des industriels peu scrupuleux dans les rivières massacraient les poissons par bancs entiers ? Ne savaient-ils pas, enfin, que choisir les matières fossiles comme sources d’énergies constituaient la plus grossière erreur de leur ère ? Non seulement épuisables, elles étaient, en plus, saturées de particules extrêmement polluantes, et donc hautement néfastes pour la santé ainsi que pour la nature !

C’est dans cet esprit que Jack et Lynda, très en avance sur leur temps, élevèrent Kim. Ils lui apportèrent une éducation souple, mais fondée sur des bases solides et pleines de bon sens. Ils lui apprirent à juger par elle-même de ce qui semblait bon ou non dès le plus jeune âge. Ils l’incitèrent à ne pas suivre la masse aveuglément, et ce quelles que soient les moqueries de ceux qui obéissaient aux modes de passage sans réfléchir avant. Ils aiguisèrent son sens critique et sa réflexion afin qu’elle évite les écueils souvent dangereux du monde moderne. Ils ouvrirent son esprit à toutes formes de cultures pour qu’elle se rende compte qu’il n’existait pas un unique modèle à suivre, mais une multitude de modes de vies qui, tous, méritaient que l’on s’y intéresse. Les maîtres mots, chez les Willis, étaient : tolérance et diversité, respect de l’autre ainsi que de la nature à qui l’on doit la vie, droiture et liberté d’esprit.

 

Hélène

 

 

 

 

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